Vers une raréfaction du travail humain ?

En avoir ou pas

La CoVid-19 et les décisions qui lui sont liées semblent redistribuer le travail.

Il y a tout d’abord ceux qui n’avaient pas de travail, ou un travail précaire (CDD, contrat d’apprentissage, etc). Ceux-là peinent à trouver du travail aujourd’hui, parce les offres d’emploi de nombreux secteurs ou fonctions baissent et parce les occasions formelles ou informelles d’étoffer son réseau se limitent à quelques réunions non physiques. Il est plus difficile de se faire recruter et le phénomène ne touche pas que les jeunes.

Viennent ensuite ceux qui avaient du travail et qui le perdent, dans des secteurs d’activité non considérés comme étant de première nécessité ou parce que le contexte freine globalement la consommation. Malgré les aides de l’Etat, de nombreuses TPE (particulièrement les commerces de détail et les bars) sont en souffrance et s’apprêtent à mettre la clé sous la porte : souffrance de trésorerie pour le court terme mais surtout, à plus long terme, perte de viabilité compte tenu du gouffre creusé et des concurrences définitivement passées devant (Amazon…). Le/la dirigeant.e voit aussi souvent sa santé se dégrader et cela peut remettre en question la pérennité de la structure. Les TPE ne sont pas les seules touchées.

Un travail humain ?

Ensuite, la virtualisation du travail, cette numérisation forcée par le télétravail, fait écran, met une distance qui s’ajoute à celle des automatisations et robotisations. Le travail est là, mais loin des interactions physiques, de la chaleur humaine (et des conflits vécus de plein fouet ;-)). Adieu poignées de main et bises, notre culture nationale. Les compensations restent distantes : coups de fils bienveillants, activité d’inclusion ludiques, photo d’enfance à l’appui, apérosZoom, etc… Hors du présentiel, une partie de la vie humaine “d’avant” semble exclue du travail. De plus, les journées entières passées devant un écran ne sont pas saines, surtout quand les réunions, toutes programmées pour des heures complètes, rendent les pauses impossibles, ou au prix de dégrader son image professionnelle. Les intermédiaires entre l’être humain et la valeur ajoutée globale de l’entreprise occupent l’espace : fils de discussions, fichiers de comptes rendus, trombinoscopes et autres supports sont davantage nécessaires aux avancées. On entend de moins en moins son nom prononcé : on reçoit plutôt une notification @machin via un logiciel de gestion de projet et il n’est pas rare de découvrir un message pour soi dans un fil de discussion alors que l’émetteur parle à d’autres dans la même visioconférence. On ne se parle plus guère sans réunion prévue, la machine à café repose en silence.

L’exception devient d’aller physiquement travailler. A moins d’une relocalisation de certaines industries, il se peut qu’une bonne partie de la population soit privée de cette partie réellement humaine de la relation de travail. Reconnaissons de grands avantages à cela, notamment, pour les individus comme pour la planète, par la diminution des trajets. Des tensions peuvent apparaître entre ceux qui prennent le risque d’aller travailler sur place et ceux qui sont privés de lien humain (surtout en période de confinement où les loisirs sociaux sont interdits).

Perspectives

Que faisons-nous de cela ? Que faisons-nous pour les exclus de la relation humaine ?

Sociologues, psycholologues du travail, influenceurs de tout bord (speakers des évènements liés à l‘Industrie du futur, The boson project…) nombreux sont celles et ceux qui réfléchissent depuis des (dizaines d’)années au travail de demain, aux conséquences de la robotisation et, plus largement, du digital et de l’intelligence artificielle. A ceux, optimistes, qui voyaient là une opportunité pour l’humanité de se recentrer sur la partie uniquement humaine du travail puisque le numérique fait le reste, peuvent être opposés les témoignages actuels qui montrent la difficulté de bien des entreprise à être à ce niveau d’évolution du télétravail, par exemple.

Avons-nous trouvé aujourd’hui les leviers pour rendre le travail non seulement supportable mais joyeux dans un contexte de distanciation professionnelle ? A voir l’accroissement de travail des psychiatres et psychologues au fil de ces derniers mois, la réponse n’est pas encore globalement positive.

RHEOPOLE apporte sa pierre à l’édifice par la co-construction d’actions sur mesure pour les équipes (espaces de parole spécifiques à la période de crise sanitaire, dynamisation des dialogues de travail, amélioration des pratiques de coopération à distance…) et pour les individus (dépassement de burn-out, coaching, ergonomie du poste de travail et hygiène de vie, bilan de compétences…).

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2 thoughts on “Vers une raréfaction du travail humain ?

  1. Bonjour Françoise
    Bravo pour cet article en attendant que la situation s’ameliore , cela fait reflechir ( du fond des Charentes où j’ai bougé pour retrouver mes racines
    bonne continuation

    Bernard coudin

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